Matériel nécessaire
- Votre blob (bien actif, pas trop récemment réactivé)
- Une boite de Petri ou un tupperware transparent (au moins 12 cm de côté ou de diamètre)
- Du papier absorbant ou de la gélose agar comme substrat
- Des bandes de plastique fin, carton fin, ou des cure-dents pour les murs
- Un peu de colle non toxique (pour fixer les murs si nécessaire)
- Des flocons d'avoine
- Un smartphone pour le time-lapse (très recommandé)
Le labyrinthe le plus simple : le T
Pour une première expérience, le labyrinthe en T est idéal. Simple à construire, lisible, et il illustre bien la capacité du blob à choisir un chemin.
Préparer le substrat
Découpez votre papier absorbant à la taille de la boite et humidifiez-le bien. S'il se détache, utilisez de la gélose agar (plus stable pour les labyrinthes).
Construire les murs
Découpez des bandes de plastique fin (emballage alimentaire, étui de carte bancaire) ou de carton fin d'environ 5-7 mm de hauteur. Formez un T avec ces bandes, posées à plat sur le substrat. Elles n'ont pas besoin d'être fixées si elles sont légèrement lestées ou si le blob n'est pas encore en contact.
Placer la nourriture
Déposez 2-3 flocons d'avoine au bout de chaque "bras" du T (les deux sorties). Assurez-vous que les deux bras font exactement la même longueur pour la première expérience.
Placer le blob
Déposez un fragment de blob actif à l'entrée du T (le bas de la lettre). Il doit toucher ou être très proche du couloir d'entrée.
Filmer en time-lapse et attendre
Lancez le time-lapse (une photo toutes les 15 minutes) et fermez la boite. Dans les 4 à 8 heures, le blob devrait explorer les deux bras. Observez lequel "gagne".
Le résultat attendu
Dans un T symétrique avec deux sources identiques, le blob va souvent envoyer des filaments dans les deux directions. Finalement, un des deux bras sera "choisi" et renforcé, l'autre rétracté. Le choix est légèrement aléatoire dans ce cas (symétrie brisée par les petites fluctuations du flux interne).
Le labyrinthe à impasses : reproduire Nakagaki
Pour reproduire l'expérience originale de 2000, il faut un labyrinthe avec plusieurs chemins dont certains sont des impasses.
Dessiner le plan
Sur une feuille de papier, dessinez un labyrinthe simple avec 3-4 chemins possibles entre le point de départ (A) et l'arrivée (B), dont 1-2 impasses. Il n'a pas besoin d'être complexe : même un simple rectangle avec quelques cloisons intérieures fonctionne.
Construire les cloisons
Reproduisez votre plan avec des bandes de plastique ou de carton sur le substrat. Vous pouvez aussi utiliser des cure-dents (mais les espaces entre les cure-dents doivent être fermés avec du silicone ou de la pâte à modeler non toxique).
Remplir d'abord toutes les zones
Pour reproduire exactement le protocole de Nakagaki, découpez votre blob en petits morceaux et remplissez TOUTES les zones du labyrinthe au départ. Les morceaux vont fusionner rapidement. Placez ensuite de la nourriture aux points A et B uniquement.
Observer l'optimisation
En quelques heures, les filaments dans les impasses vont progressivement se rétracter. À la fin, un seul chemin devrait subsister : celui qui est le plus court (ou le plus efficace) entre A et B.
Les barrières de sel : créer des murs naturels
Une alternative aux murs physiques : utiliser des lignes de sel comme barrières. Le blob refuse de traverser le sel, ce qui crée des murs naturels et invisibles.
Avantage : les murs sont plus discrets et n'interfèrent pas physiquement avec le blob. Inconvénient : le sel peut se dissoudre avec le temps si le substrat est trop humide.
Pour créer une barrière de sel : tracez une ligne de sel fin (3-4 mm de large) directement sur le substrat humide. La ligne doit être complète, sans interruption, pour constituer une vraie barrière.
Mesurer et noter vos résultats
Pour que votre expérience soit vraiment scientifique, prenez des notes :
- La longueur de chaque chemin possible (en cm)
- Le nombre de chemins avec impasses vs. chemins passants
- L'heure à laquelle le blob a commencé à rétracter les premiers filaments d'impasse
- L'heure à laquelle le réseau final s'est stabilisé
- Le chemin final retenu : est-ce bien le plus court ? À quelle longueur s'en approche-t-il ?
Comparez vos résultats à l'expérience de Nakagaki : dans son expérience originale, le blob trouvait systématiquement le chemin optimal en 4 à 8 heures.