Physarum polycephalum
Décryptage de son nom scientifique
Physarum polycephalum : ce nom latin en dit long sur cet organisme.
- Physarum vient du grec physa, qui signifie "soufflet" ou "corps gonflé de gaz" : une référence à l'aspect vésiculeux de son plasmode.
- Polycephalum vient de polys (plusieurs) et kephalê (tête), ce qui évoque la structure ramifiée du blob, qui semble avoir plusieurs "têtes" se déplaçant dans des directions différentes.
Couleur et apparence
L'espèce Physarum polycephalum est célèbre pour sa couleur jaune vif, caractéristique et facilement reconnaissable dans la nature ou en laboratoire. Cette couleur provient de pigments naturels (des phénazines) qui protègent le blob des rayons UV et de certains agents pathogènes.
Selon l'état du blob, son apparence peut changer :
- En phase active (plasmode) : jaune vif, réseau veineux visible, en mouvement
- En dormance (sclérote) : séché, brunâtre ou jaunâtre, rigide
- En sporulation : des structures brun foncé apparaissent (sporanges)
Attention à la confusion
Dans la nature, d'autres espèces de myxomycètes peuvent ressembler au blob mais avoir des couleurs différentes : blanc, orange, rose, rouge. Ne confondez pas Physarum polycephalum (jaune) avec Fuligo septica (jaune-beige, souvent appelée "vomi de chien") ou avec Stemonitis (brun foncé).
Taille : de l'invisible au monumental
Un blob nouvellement né depuis une spore mesure quelques millimètres à peine. Mais en conditions favorables et avec suffisamment de nourriture, il peut s'étendre sur plusieurs mètres carrés en quelques jours. Le record officieux d'un blob cultivé en laboratoire dépasse les 10 m².
Il n'y a techniquement aucune limite supérieure à sa taille : tant qu'il trouve de la nourriture et que les conditions restent favorables, un blob peut continuer à croître indéfiniment. Ce qui limite sa taille dans la nature, c'est avant tout la disponibilité de la nourriture et l'humidité.
Vitesse de déplacement
Le blob se déplace grâce à un système d'oscillations de son cytoplasme intérieur. En conditions optimales (bonne température, nourriture proche), il peut avancer à environ 3 à 4 cm par heure. Ce n'est pas spectaculaire à l'oeil nu. Mais si l'on accélère le temps avec un time-lapse, on voit clairement le blob "décider" d'une direction et s'y diriger avec une logique déconcertante.
Alimentation
| Dans la nature | En captivité | Ce qu'il évite |
|---|---|---|
| Bactéries | Flocons d'avoine (non cuits) | Sel |
| Spores de champignons | Levure | Lumière directe |
| Matière organique en décomposition | Graines germées | Agrumes |
| Microalgues | Champignons frais (certains) | Caféine (à faible dose : apprentissage) |
Habitat naturel
Dans la nature, le blob vit dans les endroits frais, humides et sombres. On le trouve principalement :
- Sous les feuilles mortes des forêts tempérées
- Sur les troncs d'arbres en décomposition
- Sous l'écorce des bois morts
- Dans les compost humides
Il est présent sur tous les continents sauf l'Antarctique, avec une préférence pour les zones tempérées à humidité élevée. En France, on peut en observer principalement de la fin du printemps à l'automne, après les pluies.
Reproduction : plus de 720 types sexuels
Le blob peut se reproduire de deux façons :
- Reproduction asexuée : en se divisant simplement. Un morceau de blob séparé peut former un nouvel individu à part entière.
- Reproduction sexuée : par sporulation. Le blob forme des structures appelées sporanges, qui libèrent des spores microscopiques. Ces spores germent et donnent naissance à de nouveaux blobs.
Ce qui est fascinant, c'est que Physarum polycephalum possède plus de 720 types sexuels différents (au lieu des deux que la plupart d'entre nous connaissons). Chaque individu peut potentiellement se reproduire avec la grande majorité des autres individus de son espèce.
Longévité : potentiellement immortel
Un blob qui se met en dormance sous forme de sclérote (une masse desséchée) peut survivre pendant des années dans cet état, en attendant le retour de conditions favorables. Il suffit de quelques gouttes d'eau pour le réveiller. On a réussi à "réanimer" des sclérotes conservés depuis plusieurs années.
Dans la mesure où il peut indéfiniment alterner entre phases actives et phases de dormance, le blob n'a techniquement pas de durée de vie maximale connue.
Pour aller plus loin
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