Fiche identité du blob

Toutes les caractéristiques de Physarum polycephalum réunies en un seul endroit.

Physarum polycephalum

Nom commun
Le blob / Myxomycète
Nom scientifique
Règne
Protistes (Amoebozoa)
Groupe
Myxomycètes
Couleur principale
Jaune vif
Taille
Quelques mm à quelques dizaines de cm
Vitesse de déplacement
Jusqu'à 4 cm/h
Types sexuels
720
Habitat naturel
Forêts humides, bois mort
Alimentation
Bactéries, champignons, flocons d'avoine
Répartition mondiale
Tous les continents (sauf Antarctique)
Longévité
Potentiellement illimitée

Décryptage de son nom scientifique

Physarum polycephalum : ce nom latin en dit long sur cet organisme.

Physarum polycephalum, le blob jaune dans son environnement
Physarum polycephalum, le blob jaune dans son environnement.
  • Physarum vient du grec physa, qui signifie "soufflet" ou "corps gonflé de gaz" : une référence à l'aspect vésiculeux de son plasmode.
  • Polycephalum vient de polys (plusieurs) et kephalê (tête), ce qui évoque la structure ramifiée du blob, qui semble avoir plusieurs "têtes" se déplaçant dans des directions différentes.

Couleur et apparence

L'espèce Physarum polycephalum est célèbre pour sa couleur jaune vif, caractéristique et facilement reconnaissable dans la nature ou en laboratoire. Cette couleur vient de pigments jaunes propres au blob, les physarochromes.

Selon l'état du blob, son apparence peut changer :

  • En phase active (plasmode) : jaune vif, réseau veineux visible, en mouvement
  • En dormance (sclérote) : séché, brunâtre ou jaunâtre, rigide
  • En sporulation : des structures brun foncé apparaissent (sporanges)

Attention à la confusion

Dans la nature, d'autres espèces de myxomycètes peuvent ressembler au blob mais avoir des couleurs différentes : blanc, orange, rose, rouge. Ne confondez pas Physarum polycephalum (jaune) avec Fuligo septica (jaune-beige, souvent appelée "vomi de chien") ou avec Stemonitis (brun foncé).

Taille : de l'invisible au monumental

Un blob nouvellement né depuis une spore mesure quelques millimètres à peine. Mais en conditions favorables et avec assez de nourriture, il double à peu près de surface chaque jour. Aucun record de taille n'a été publié de façon vérifiable, et les chiffres de plusieurs mètres carrés qui circulent ne citent pas leur source. Les chiffres mesurés et sourcés sont réunis dans les records du blob.

Il n'y a techniquement aucune limite supérieure à sa taille : tant qu'il trouve de la nourriture et que les conditions restent favorables, un blob peut continuer à croître indéfiniment. Ce qui limite sa taille dans la nature, c'est avant tout la disponibilité de la nourriture et l'humidité.

Vitesse de déplacement

Le blob se déplace grâce à un système d'oscillations de son cytoplasme intérieur. En conditions optimales (bonne température, nourriture proche), il peut avancer jusqu'à 4 cm par heure en laboratoire, plutôt 1 cm par heure dans une boîte à la maison. Ce n'est pas spectaculaire à l'oeil nu. Mais si l'on accélère le temps avec un time-lapse, on voit clairement le blob "décider" d'une direction et s'y diriger avec une logique déconcertante.

Alimentation

Dans la natureEn captivitéCe qu'il évite
BactériesFlocons d'avoine (non cuits)Sel
Spores de champignonsLevureLumière directe
Matière organique en décompositionGraines germéesAgrumes
MicroalguesChampignons frais (certains)Caféine (à faible dose : apprentissage)

Habitat naturel

Dans la nature, le blob vit dans les endroits frais, humides et sombres. On le trouve principalement :

  • Sous les feuilles mortes des forêts tempérées
  • Sur les troncs d'arbres en décomposition
  • Sous l'écorce des bois morts
  • Dans les compost humides

Il est présent sur tous les continents sauf l'Antarctique, avec une préférence pour les zones tempérées à humidité élevée. En France, on peut en observer principalement de la fin du printemps à l'automne, après les pluies.

Reproduction et 720 types sexuels

Le blob peut se reproduire de deux façons :

  1. Reproduction asexuée : en se divisant simplement. Un morceau de blob séparé peut former un nouvel individu à part entière.
  2. Reproduction sexuée : par sporulation. Le blob forme des structures appelées sporanges, qui libèrent des spores microscopiques. Ces spores germent et donnent naissance à de nouveaux blobs.

Ce qui est fascinant, c'est que Physarum polycephalum possède 720 types sexuels différents (au lieu des deux que la plupart d'entre nous connaissons). Chaque individu peut potentiellement se reproduire avec la grande majorité des autres individus de son espèce.

Longévité : potentiellement immortel

Un blob qui se met en dormance sous forme de sclérote (une masse desséchée) peut survivre pendant des années dans cet état, en attendant le retour de conditions favorables. Il suffit de quelques gouttes d'eau pour le réveiller. On a réussi à "réanimer" des sclérotes conservés depuis plusieurs années.

Dans la mesure où il peut indéfiniment alterner entre phases actives et phases de dormance, le blob n'a techniquement pas de durée de vie maximale connue.

Pour aller plus loin

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Les valeurs à connaître, et leur marge d'incertitude

La plupart des chiffres qui circulent sur le blob sont des valeurs de laboratoire, obtenues sur une souche précise dans des conditions précises. Les reprendre comme des constantes universelles est le piège classique. Voici ce que recouvrent réellement les principales données.

DonnéeValeur usuelleCe qu'elle vaut vraiment
Vitesse1 à 4 cm/hPointe observée en conditions optimales et sur substrat lisse. Un élevage domestique tourne plutôt autour de 1 cm/h.
Température idéale22 à 25 °CPlage de croissance maximale. Il survit de 5 à 30 °C, mais ralentit fortement aux extrêmes.
Types sexuels720Combinaison des versions de trois gènes, 16 × 15 × 3, et non un comptage direct.
Période d'oscillation100 à 120 sMesure robuste, mais elle varie avec la température et l'état nutritionnel.
Survie en scléroteplusieurs annéesDes réactivations après plus de deux ans sont bien documentées. Les mentions de décennies sont anecdotiques.

Sa position dans la classification

La ligne de classification qu'on lit le plus souvent, « règne des Protistes », est obsolète. Voici la position retenue aujourd'hui.

RangNom
DomaineEukaryota
GroupeAmoebozoa
ClasseMyxogastria (myxomycètes)
OrdrePhysarales
FamillePhysaraceae
GenrePhysarum
EspècePhysarum polycephalum Schweinitz, 1822

Le genre Physarum compte à lui seul plusieurs dizaines d'espèces. Polycephalum est celle qui s'élève le plus facilement, ce qui explique sa domination dans les laboratoires et les salles de classe. Les autres sont présentées dans les espèces de myxomycètes.

Ce qu'on ne sait pas encore

Une fiche d'identité honnête comporte aussi ses cases vides. Trois questions restent ouvertes sur cette espèce.

La durée de vie réelle en milieu naturel. Les souches de laboratoire sont entretenues depuis des décennies, mais personne n'a suivi un plasmode sauvage sur toute son existence.

Le support exact de la mémoire. L'habituation est démontrée et sa transmission par fusion aussi, mais le mécanisme moléculaire qui stocke l'information reste discuté. L'hypothèse dominante fait intervenir la concentration interne de la substance apprise, pas un support informationnel dédié.

Le nombre exact de types sexuels. Le chiffre de 720 est une estimation combinatoire, régulièrement reprise sans sa marge d'erreur. Le détail est expliqué dans la reproduction du blob.

La fiche en une page

Tous ces chiffres, sa classification, ses trois états et ce qu'on ignore encore tiennent dans une fiche d'identité à imprimer (PDF, A4), pratique pour un exposé ou un affichage en classe. Pour vérifier ce que vous avez retenu, faites le quiz sur le blob en dix questions.

Questions fréquentes

Quel est le nom scientifique du blob ?

Physarum polycephalum, décrit par Schweinitz en 1822. Le nom signifie littéralement « corps vésiculeux à plusieurs têtes », en référence aux nombreux fronts de progression du plasmode.

À quelle vitesse un blob se déplace-t-il ?

Entre 1 et 4 centimètres par heure selon la température, l'humidité et le substrat. Les 4 cm/h correspondent à une pointe en conditions de laboratoire, pas au régime ordinaire d'un élevage domestique.

Quelle taille un blob peut-il atteindre ?

Quelques millimètres au départ, souvent quelques dizaines de centimètres dans la nature. Il n'a pas de limite connue tant qu'il trouve de la nourriture et de l'humidité, mais aucun record de taille n'a été mesuré de façon vérifiable.

Le blob a-t-il des yeux ?

Non, aucun organe sensoriel différencié. Il détecte pourtant la lumière : des photorécepteurs répartis dans son cytoplasme déclenchent une fuite orientée vers l'obscurité.

De quelle couleur est le blob ?

Jaune vif chez Physarum polycephalum, à cause de pigments appelés physarochromes. La couleur pâlit quand il jeûne et vire au brun lorsqu'il forme un sclérote.

Sources

  1. Nakagaki T., Yamada H., Tóth Á., Maze-solving by an amoeboid organism, Nature 407, 470 (2000).
  2. Tero A. et coll., Rules for biologically inspired adaptive network design, Science 327, 439-442 (2010).
  3. Fiche Physarum polycephalum, Wikipédia en français.