RecordValeurContexte
Types sexuels+ de 720Contrôlés par le gène matA. L'un des systèmes de compatibilité reproductrice les plus complexes des eucaryotes
Vitesse de déplacement max.5 cm/hEn conditions optimales (22°C, nourriture proche, humidité parfaite)
Taille maximale documentée (laboratoire)> 10 m²Obtenu par culture intensive avec alimentation continue. En conditions naturelles, rarement plus de quelques dm²
Survie à l'état de sclérote2 ans et plusDes sclérotes réactivés après 2 ans de stockage à sec dans des conditions correctes
Nombre de noyaux par individuPlusieurs milliardsEstimé pour un grand plasmode. Tous les noyaux partagent le même cytoplasme
Temps de doublement en masse~4 heuresEn conditions optimales de laboratoire avec nourriture abondante
Température de survie minimale4°CEn dessous, ralentissement extrême ou mort. Le sclérote résiste mieux
Température de survie maximale30-32°CAu-delà, dénaturation des protéines et mort rapide
Cycle oscillatoire du cytoplasme~100 secondesRythme des oscillations actomyosines qui font circuler le cytoplasme
Labyrinthe résolu en4 heuresExpérience Nakagaki 2000 (Nature). Labyrinthe de taille moyenne avec 4 chemins possibles

Les 720 types sexuels : comment c'est possible ?

C'est sans doute le record le plus frappant. Chez la grande majorité des animaux, il existe exactement deux sexes (mâle et femelle), contrôlés par des chromosomes sexuels (XX/XY chez l'humain). Chez le blob, le système est radicalement différent.

Le blob, un organisme aux capacités record
Le blob, un organisme aux capacités record.

Un seul gène, appelé matA, contrôle la compatibilité reproductrice. Ce gène présente plus de 720 variants différents (allèles) dans les populations sauvages. La règle est simple : deux individus peuvent se reproduire sexuellement si et seulement si leurs allèles de matA sont différents. Avec 720 variantes, chaque individu est compatible avec environ 98,6% des individus qu'il rencontre.

À titre de comparaison, certains champignons du genre Schizophyllum commune ont plus de 23 000 types sexuels différents, ce qui en fait le record absolu dans le vivant. Le blob, avec ses 720, est dans une catégorie intermédiaire mais reste largement au-dessus du système à deux sexes de la plupart des animaux.

La taille : jusqu'où peut aller un blob ?

En théorie, un blob n'a pas de taille maximale. Il peut continuer à grandir tant qu'il trouve de la nourriture et que les conditions restent favorables. La surface du plasmode est limitée principalement par :

  • La disponibilité de nourriture (un réseau trop grand peut manquer de ressources à ses extrémités)
  • L'humidité du substrat (les zones sèches sont abandonnées)
  • L'absence de prédateurs (dans la nature, des invertébrés se nourrissent de blob)

En laboratoire, avec une alimentation continue, des chercheurs ont obtenu des plasmodia dépassant 10 m². Dans la nature, un plasmode de quelques décimètres carrés est déjà une observation remarquable.

Vitesse : 5 cm/h, c'est lent ou rapide ?

À l'échelle humaine, 5 cm/h semble ridiculement lent (environ 0,00005 km/h). Mais ramené à la taille du blob, c'est une autre histoire. Pour un blob de 1 cm de large, avancer de 5 cm/h revient à parcourir 5 fois sa propre largeur par heure. À l'échelle d'un humain de 1,80 m, c'est l'équivalent de marcher à environ 9 m/h (une marche rapide).

De plus, le blob ne dépense pas d'énergie pour se déplacer de la même façon qu'un animal : il n'a pas de muscles au sens propre, il utilise les oscillations de son cytoplasme pour se propulser. C'est un mode de locomotion extrêmement économique en énergie.

Les milliards de noyaux

Un grand plasmode contient un nombre de noyaux qui dépasse l'imagination. Une estimation pour un plasmode de 10 cm² donne plusieurs centaines de millions de noyaux. Pour un plasmode de 1 m², les estimations atteignent plusieurs milliards.

Ces noyaux ne sont pas séparés les uns des autres par des membranes : ils flottent tous dans le même cytoplasme. Quand un blob se divise, les noyaux se répartissent dans les fragments, permettant à chacun de fonctionner comme un organisme complet.

Pour mettre les chiffres en perspective

Le corps humain contient environ 37 000 milliards de cellules. Un blob de 1 m² contiendrait potentiellement plusieurs milliards de noyaux dans une seule cellule. Les deux structures sont à l'opposé des stratégies du vivant : l'une mise sur la division du travail entre cellules spécialisées, l'autre sur l'efficacité d'un cytoplasme partagé sans frontières internes.